La BMO voit poindre une accalmie dans l'immobilire

 

La Banque de Montréal estime que les récentes modifications apportées aux règles des simulations de crise hypothécaires et le ralentissement des prix et des ventes dans certaines régions pourraient aider à calmer le marché immobilier du pays. « Nous pouvons supposer, compte tenu de ce que nous constatons actuellement en ce qui concerne les prix et les ventes des logements, qu’il y aura une certaine modération », a affirmé mercredi la cheffe des services bancaires aux particuliers et aux entreprises en Amérique du Nord de la banque, Erminia Johannson, lors d’une conférence téléphonique avec des analystes. « Mais le marché hypothécaire du Canada restera certainement assez robuste pour un assez bon moment. »

Mme Johannson faisait ces commentaires alors que la Banque de Montréal a dévoilé un profit du deuxième trimestre presque deux fois plus important que celui présenté pour la même période l’an dernier — période pour laquelle elle avait mis de côté d’importantes provisions pour les créances douteuses dans le contexte de forte incertitude qui prévalait au début de la pandémie.

Les nouvelles règles hypothécaires entreront en vigueur le 1er juin. Elles fixeront le taux d’admissibilité des prêts hypothécaires non assurés à deux points de pourcentage au-dessus du taux du contrat, ou à 5,25 %, selon le plus élevé des deux taux. Il est difficile de prédire l’impact de la nouvelle simulation de crise, mais associée à une baisse des prix des maisons dans certaines régions, Mme Johannson croit qu’elle pourrait pousser les acheteurs à chercher des logements plus abordables ou à se tourner vers leurs parents pour obtenir de l’aide.

 

La Banque de Montréal se prépare déjà à ce qui pourrait arriver avec la nouvelle simulation, a expliqué le chef de la gestion des risques de la banque. « Nous acheminons plus de prêts hypothécaires vers une adjudication manuelle, en particulier là où […] nous avons constaté une appréciation rapide des prix des logements, simplement pour nous assurer que nous sommes à l’aise », a expliqué Patrick Cronin lors de la même conférence téléphonique.

Le chef de la direction, Darryl White, a souligné que la pandémie a entraîné des difficultés sans précédent, avec des répercussions pendant un certain temps : « Nous sommes devenus plus forts, soutenus par notre stratégie axée sur des objectifs et notre culture qui aidera à conduire une reprise durable et inclusive. »

Résultats en hausse

Au trimestre clos le 30 avril, la BMO a réalisé un bénéfice net de 1,3 milliard, ou 1,91 $ par action, par rapport à 689 millions, ou 1 $ par action, à la même période il y a un an. Cela s’explique notamment par la baisse de la provision totale pour pertes sur créances, qui a reculé à 60 millions au cours du plus récent trimestre, comparativement à 1,1 milliard un an plus tôt, lorsque la pandémie a mis l’économie à l’arrêt. Sur une base ajustée, la Banque de Montréal a déclaré avoir gagné près de 2,1 milliards, ou 3,13 $ par action, pour le trimestre, en hausse par rapport à un bénéfice ajusté de 715 millions, ou 1,04 $ par action, il y a un an.

La meilleure année en 30 ans en construction résidentielle au Québec

Le Québec qui reprend son souffle après le choc de la pandémie de COVID-19 devrait connaître sa meilleure année en 30 ans en construction résidentielle avec plus de 60 000 mises en chantier, a appris Le Journal.

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« Notre maison, c’est notre refuge. On y vit, on y travaille. C’est là que l’on se divertit. On fait tout à la maison, alors les gens ont décidé d’investir pour améliorer leur chez-soi », résume en entrevue au Journal Paul Cardinal, directeur du Service économique de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ).

 

Cette année, la Québec atteindra 60 000 mises en chantier, en hausse de 11 %, par rapport aux 54 066 de 2020, ce qui correspond à un record depuis que la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) publie ses données.

« Je suis surpris par la vigueur. C’est la deuxième fois que je révise mes prévisions à la hausse », ajoute Paul Cardinal.

Surenchère après surenchère

Demande explosive, baisses des taux d’intérêt, hausses du taux d’épargne... les Québécois ont souvent opté ces derniers mois pour une habitation neuve en raison du manque criant de propriétés existantes à vendre, souligne-t-il.

« Le marché de la revente est en feu. J’ai travaillé 11 ans là-bas. Je n’ai jamais vu ça. C’est surenchère après surenchère », explique Paul Cardinal.

« Le prix des propriétés existantes augmente plus vite depuis quatre trimestres, alors en termes relatifs, la propriété neuve devient plus abordable », analyse-t-il.

 

La barre des 15 milliards $

Résultat, 2021 devrait aussi voir ses dépenses en rénovations franchir le cap des 15 milliards de dollars pour la première fois, observe l’APCHQ.

En comparaison, ces cinq ans (entre 2016 et 2020), les dépenses en rénovations résidentielles sont passées de 12,4 milliards de dollars à 13 milliards de dollars.

Or, pour 2021, elles franchiront le 15 milliards de dollars et, en 2022, le 16 milliards de dollars.

« Ça fait plusieurs années qu’il se dépense plus d’argent en rénovation qu’en construction neuve », conclut Paul Cardinal de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec. 

Immobilier: la nouvelle taxe proposée pourrait décevoir

Le directeur parlementaire du budget estime que le gouvernement fédéral pourrait ne pas générer autant de nouvelles recettes fiscales qu’il l’espère de la taxe proposée sur les acheteurs étrangers d’immeubles résidentiels.

Dans le but de calmer un marché locatif en surchauffe au pays, les libéraux ont proposé d’instaurer une nouvelle taxe nationale de 1 % sur la valeur des immeubles résidentiels appartenant à des étrangers non résidents et considérés comme « vacants » ou « sous-utilisés ». Dans le récent budget, le gouvernement a estimé que cette taxe rapporterait 700 millions $ entre 2022 et 2026, une fois les détails finalisés et la mesure mise en place.

Mais dans un nouveau rapport, le directeur parlementaire du budget (DPB), Yves Giroux, croit que le gouvernement n’en tirera peut-être pas autant. Le bureau de M. Giroux estime les recettes globales pour cette période de quatre ans à un peu plus de 500 millions $, après avoir pris en compte la réaction de certains acheteurs à l’imposition de cette nouvelle taxe.

Mais le DPB prévient que ses estimations et celles du gouvernement pourraient changer en fonction du nombre de ces propriétaires qui devraient effectivement payer la taxe et ceux qui en seraient exonérés — comme un Américain qui posséderait par exemple une résidence secondaire à Whistler, en Colombie-Britannique.

Ajoutez à cela ce que M. Giroux appelle « l’information limitée et incomplète » sur la propriété étrangère d’habitations au Canada, et les chiffres définitifs pourraient bien être très différents des attentes du gouvernement fédéral.

 

Les entrepôts d’Amazon

Dans un rapport distinct, lui aussi rendu public jeudi, le bureau de M. Giroux estime qu’une proposition du dernier budget visant à percevoir la taxe de vente fédérale (TPS) sur certains produits placés dans les entrepôts d’Amazon rapporterait au gouvernement un peu plus de 1,6 milliard $ au cours des cinq prochaines années.

Cette mesure viserait à éliminer une échappatoire fiscale pour les biens invendus que les commerçants étrangers expédient au Canada, puis stockent dans des entrepôts de traitement de commandes jusqu’à ce que ces biens soient vendus et expédiés à des consommateurs canadiens.

La TPS est perçue sur la valeur de gros des produits lorsqu’ils franchissent la frontière, mais cette taxe de vente n’est pas toujours perçue par les vendeurs lorsque les produits sont ensuite vendus aux consommateurs.

La TPS serait maintenue perçue aussi sur la différence entre le prix de vente final et le prix de gros, déjà taxé.

Immobilier: des records pour les ventes et les prix en décembre dans la région de Montréal et de Québec

L’attrait pour l’immobilier ne s’est pas estompé dans la région de Montréal et de Québec puisque les ventes résidentielles y ont bondi de 32% et de 44% en décembre, par rapport au même mois de 2019, établissant ainsi un niveau record. 

Dans la région de Montréal, il y a eu 4613 ventes, le mois dernier, comparativement à 3503 en décembre 2019, a indiqué mardi l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

 

«Le nombre de transactions bat un nouveau record pour un mois de décembre dans la région de Montréal pour tous les secteurs», a noté Charles Brant, directeur du Service de l’analyse du marché à l’APCIQ, par communiqué, observant une hausse des inscriptions des copropriétés largement supérieure aux ventes sur l’Île de Montréal.

Les données font aussi état de fortes hausses des ventes dans les marchés comme Saint-Jean-sur-Richelieu (+51%), la couronne nord (+49%), Laval (+33%), la Rive-Sud (+31%) et Vaudreuil-Soulanges (+25%).

Si les immeubles à revenus et les unifamiliales ont connu la plus importante croissance des ventes (+35%), suivis par les copropriétés (+26%), l’APCIQ insiste sur la frénésie des inscriptions en vigueur dans la copropriété (+18%) et des plex (+15%), n’hésitant pas à parler de «jamais vu depuis 2012 et 2011 pour cette période».

En outre, les prix médians ne cessent de croître pour l’unifamiliale (+21%), signe selon l’Association que les conditions de marché sont toujours à l’avantage des vendeurs.

À noter, l’unifamiliale reste en forte baisse (-44%) pour le nombre de transactions, mais avec des prix médians qui ne cessent de croître (+21%).

Aussi à Québec

À Québec, «un nombre record de 900 ventes ont été enregistrées en décembre, surpassant largement le record atteint en 2019 pour la même période», a soutenu M. Brant, qui a noté «des hausses de prix jamais vues depuis 10 ans, à l’exception de la copropriété».

Ainsi, les ventes ont bondi de 44% des ventes, le mois dernier, comparativement à décembre 2019.

De plus, les prix médians ont atteint de nouveaux sommets, soit 367 500$ pour les plex (+25%) et 283 000$ pour l’unifamiliale (+11%).